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Evènement
A l'occasion de Oh les beaux jours
Mise en scène Marc Paquien
avec Catherine Frot et Pierre Banderet
en hommage à Pierre Chabert
Le Théâtre de La Madeleine, Frédéric Franck et Barbara Hutt vous convient à la projection de
Compagnie
De Samuel Beckett
Mise en scène Pierre Chabert
Avec Pierre DUX
avec l’aimable autorisation d’Edward Beckett
et la collaboration du CNRS audiovisuel
Adaptation du texte :
Samuel Beckett
Lumières :
Geneviève Soubirou
Réalisation :
François Luxereau, CNRS audiovisuel, 1984
Durée :
1h05
Précédé d’un Impromptu musical (15 mn)
avec : Françoise Ragu-Watrin (colorature), Raphaëlle Mürer (violoncelle), Stéphanie BORÉ (mezzo-soprano), Annie Cohen (texte).
LUNDI 23 JANVIER 2012
à 21h Entrée libre
Dans Compagnie, Beckett évoque son enfance à travers de courts récits. Beckett en général défavorable à l’adaptation scénique de ses oeuvres romanesques - écrites « pour le noir » - a cependant suivi de près le travail de mise en scène et remanié le texte. Une mise en scène sans concession de Compagnie, interprétée magistralement par Pierre Dux dont ce sera l’une des dernières apparitions sur scène. Une voix parvient à quelqu’un dans le noir. Imaginer.
remerciements à : Edward Beckett, Martine Viard, Geneviève Soubirou,
Monique Galland-Dravet, restaurateur film
Pierre CHABERT et Samuel BECKETT :
Dès sa première rencontre, dans les années 60, avec Sam - Samuel Beckett - à la Closerie des Lilas, le jeune homme qu’est encore Pierre Chabert est saisi, subjugé, par ce qui émane de la personne même de Beckett, il pressent immédiatement la place décisive que celui-ci va occuper dans sa vie : cela a été un éblouissement, disait-il.
Il se souviendra encore et encore de la clarté de ses yeux, de la force de sa présence, de la fulgurance de sa beauté – aussi bien intérieure, insistait-il. Le travail qu’ils vont accomplir ensemble tissera des liens indéfectibles.
Beckett va le diriger dans une pièce de Robert Pinget L’Hypothèse I- une pièce sur l’écriture, l’échec, l’impuissance... C’est ainsi que Pierre travaille pour la première fois avec Sam, tout comme, pour la première fois, Beckett met en scène un texte qui n’est pas le sien. En effet, Sam s’est emparé du texte de son ami Pinget. Il travaille d’arrache-pied. Pierre est époustouflé par l’extrême précision de sa direction et par le traitement musical de la parole. Cette complicité – immédiate -, ce goût commun pour le langage, cet amour des mots, ne se démentira jamais.
Lors de la reprise à l’Odéon-Théâtre de France, en 66, ils retravaillent tous deux avec ferveur: Beckett reste dans les coulisses lorsqu’on joue sa propre pièce Comédie et... se précipite au balcon pour voir L’Hypothèse. Cette première rencontre sont les prémices d’une longue amitié, d’une collaboration, sur plus d’une trentaine d’années, qui va revêtir diverses formes. Samuel Beckett le dirige dans La dernière bande, « J’aime le Krapp de Chabert » dit-il, et lui confie la création française de certaines de ses courtes piècesII. Il assiste aux répétitions, adapte pour la scène certains de ses romans dérogeant ainsi à ses propres principes: Compagnie et Mercier et Camier...
Si, par ailleurs, Pierre se consacre à un large répertoire d’auteurs contemporains : Pinget, Rezvani, Witkiewicz, Arrabal, Van Itallie, Dubillard, Cousse, Sastre, Didier-Weill, Benet i Jornet, Sinisterra, Dubillard ..., et bien d’autres, nul cependant ne va autant oeuvrer pour Beckett. Pierre mettra en scène une vingtaine de spectacles de Beckett, avec les plus grands interprètes: Michaël Lonsdale, Pierre Dux, Catherine Sellers, Jean-Louis Barrault, David Warrilow, Jacques Fabbri, Denise Gence, Eléonore Hirt, Jacques Seiler, Danielle Lebrun ... pour ne citer qu’eux.
Il va devenir, dans les années 80, à la fois son metteur en scène – ses mises en scène parcourent le monde, en diverses langues, surtout en anglais et en espagnol - son acteur, son critique III (citons, le numéro spécial Samuel Beckett de la Revue d’EsthétiqueIV).
En 2006, pour le centième anniversaire de la naissance de l’auteur, c’est à lui qu’il revient d’initier, de diriger le Festival Paris-BeckettV, et ce ne sera pas chose facile à mettre en oeuvre, avec Barbara Hutt et Tom Bishop.
Ce Festival donnera lieu à une belle effervescence : intégrale des oeuvres dramatiques, lectures, expositions, colloques, projections, émissions et débats... Maguy Marin reprend son inoubliable ballet May B pour l’occasion, au Théâtre de la Ville, Peter Brook monte des dramaticules aux Bouffes du nord etc, on redécouvre le seul film de Beckett avec Buster Keaton, Film, et Pierre présente un Fin de partie en langue Turque, avec le grand acteur turc, Genco Erkal ...
Pour moi, confiait Pierre, en 2009, non sans malice, il n’y a que du présent : non pas si j’essaie de me « remémorer » cette scène, celle de ma première rencontre avec Sam, mais si je considère les traces laissées au plus profond de moi et l’assise qui en a résulté pour ... l’éternité ... pour mon éternité ..., s’amusait-il.
Au regard de cette amitié entre Sam et Pierre, au regard des choix qui furent les siens, dans sa pratique théâtrale, de par son exigence, sa rigueur, son éthique, il ne se trompait pas.
Pierre Chabert et Oh les Beaux jours
Pierre se faisait une véritable joie de revenir à la pièce Oh les beaux jours, il y avait dirigé Denise Gence, en 1992, avec le succès que l’on sait. Il avait choisi, début 2010, de le faire avec Catherine Frot, une actrice qui lui évoquait, par certains aspects, Madeleine Renaud, et qui allait apporter indubitablement à Winnie, sa dimension actuelle - et mythique : il voyait en elle la jeune femme d’aujourd’hui et l’actrice que le rôle attendait.
Je ne vois personne d’autre, qu’elle ... m’avait-il affirmé. Et c’est justement là, quelque temps après, que je la croisais dans la rue, par une fin d’après-midi d’octobre, tenant à la main un grand panier en osier.
Winnie !...
Merveilleux hasard.
I cf. Témoignage de Pierre Chabert in Nouvel Observateur, N°2162, du 13 au 19 avril 2006
II Filmographie des mises en scène de Pierre Chabert : Berceuse, Impromptu d'Ohio, Catastrophe, Quoi où (réalisation Helen Gary-Bishop, 1986, la Sept-Arte). Adieu à l'amour (sur La Dernière Bande, réalisation Cécile Patingre, 1990).
III voir la notice biographique sous Chabert, Pierre in Dictionnaire Samuel Beckett, dir. Marie-Claude Hubert, (Paris, Honoré Champion, 2011)
IV Pierre Chabert a écrit de nombreux articles et dirigé des ouvrages de référence sur des dramaturges contemporains : Samuel Beckett, Revue d’Esthétique, (Jean-Michel Place éd., 1990), avec Jean-Claude Lallias, L’univers scénique de Samuel Beckett, (Théâtre aujourd’hui N°3, CNDP, Ministère de la culture,1996), Roland Dubillard, Revue d’Esthétique (Jean-Michel Place éd., 1999), Thomas Bernhard (Editions Minerve, 2002) avec Barbara Hutt.
V Festival Paris-Beckett 2006/2007. Dir. Pierre Chabert, Barbara Hutt, Tom Bishop, Robert Abirached. Avec la collaboration d’Edward Beckett.
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